10 minutes

Jusqu’à quel point puis-je négocier le prix du bien ?

Vous avez trouvé la maison de vos rêves et vous vous demander comment négocier le prix ? Découvrez tous nos conseils

negociation - illustration article

Dans cet article

Cela fait des mois voire des années que vous êtes à la recherche d’un bien immobilier. Vous connaissez exactement votre budget. Une ou plusieurs affaires vous sont passées sous le nez. Et là, vous avez finalement trouvé le bien qui correspond à vos critères.

Vous êtes décidé, mais votre bon sens vous dit que le prix affiché est trop élevé.

Vous vous demandez comment négocier le prix ?

Cet article est pour vous.

La justesse du prix affiché

Votre marge de négociation dépend en très grande partie de la justesse du prix qui est affiché. Si vous êtes activement à la recherche d’une villa ou d’un appartement dans cette région, vous en aurez déjà visité plusieurs. Peut-être même beaucoup.

Toutes les visites que vous avez effectuées vous ont donné une bonne connaissance du marché de cette région.

Intuitivement, vous savez maintenant reconnaître une « bonne affaire », une affaire équitable et un prix de vente qui est en décalage avec le marché.

Et pour en avoir le cœur net, vous devez faire votre propre estimation.

Votre estimation

Votre estimation passe par le fait de comparer des choses comparables. Utilisez votre connaissance du marché pour faire votre propre estimation.

Une estimation inclut des éléments objectifs tels que les surfaces, l’année de construction, l’état d’entretien, le besoin de rénovations, etc.

Votre estimation va également inclure des éléments subjectifs en fonction de la qualité de vie que cet achat va vous procurer.

L’estimation de la banque

Vous pourriez vous tromper dans votre estimation. Une autre sécurité est l’estimation de la banque.

Si vous êtes prêt à acheter ce bien, votre banque ou votre courtier en hypothèque en fera sa propre estimation pour financer l’achat.

Si cette estimation est similaire au prix affiché, il sera sans doute vain d’essayer de négocier fortement le prix.

Si en revanche votre estimation et celle de la banque sont toutes les deux beaucoup plus basses, vous avez un premier élément de réponse à la question « À quel point puis-je négocier le prix du bien ? ».

Un homme en chemise violette tenant une tablette.

Ne tombez pas dans les pièges coûteux !

Découvrez les 9 erreurs fatales à éviter ABSOLUMENT lors de l’achat d’un bien immobilier. Téléchargez notre guide offert et faites des choix judicieux pour votre investissement.

J’obtiens mon exemplaire !

L’état du bien

Le prix demandé doit être en rapport avec l’état de vétusté du bien. Certains professionnels estiment correctement les prix.

Malheureusement, certains courtiers peu expérimentés acceptent de mettre en vente à des prix en décalage avec le bon prix du marché.

Le même phénomène s’observe avec les particuliers qui mettent en vente sans passer par une agence. Les prix sont assez souvent (mais pas toujours) surévalués par rapport à l’état du bien.

L’idée de base est que le prix d’achat plus les frais de remise à neuf ne devraient pas excéder le prix d’un objet neuf dans cette région.

Donc si le prix proposé tient correctement compte des travaux à faire, une négociation agressive risque de vous faire perdre l’affaire.

Si en revanche le prix proposé ne prend pas correctement compte des frais de remise à neuf, alors une négociation sera nécessaire pour tenir compte de ce paramètre.

La concurrence

Ici, lorsque je parle de concurrence, je parle bien des autres acheteurs qui pourraient s’intéresser au bien que vous convoitez.

Là aussi, c’est votre propre connaissance du marché local qui va vous venir en aide. Dans certaines zones, pour tout bien mis en vente, il y a 10 acheteurs potentiels (marché très tendu). Dans d’autres régions, il y a plus de biens en vente que d’acheteurs potentiels.

Si la concurrence est rude et que le prix est juste, ne tentez pas de négocier. Un autre acheteur fera une offre au prix.

Si en revanche le marché est détendu et que le prix semble un peu gonflé, tenter une négociation serait intelligent.

Le type d’agence

La grande majorité des agences immobilières ou des courtiers sont rémunérés par une commission sur le prix de vente. Leur mission devrait être la défense des intérêts des propriétaires.

Mais il existe un autre type d’agence dite « au forfait » ou « à zéro commission ». Ce type d’agence low cost touche un forfait fixe pour ses prestations, quel que soit le prix de vente.

Le prix sur lequel les parties se mettent d’accord n’a pas d’incidence sur sa rémunération.

Ce type d’agence préconise souvent de soumettre une offre plus basse. C’est normal, elle n’a aucune motivation pour défendre les intérêts du vendeur.

Dans ce cas, tout en tenant compte des conseils précédents, vous pourriez tenter le coup de soumettre une offre plus basse, si le propriétaire a confié la vente à une agence sans commission.

Le projet des vendeurs

Un autre élément clé est le projet des vendeurs. Les vendeurs peuvent vouloir vendre rapidement pour réaliser un projet de vie qui leur tient à cœur.

Ou à l’inverse, les vendeurs peuvent avoir une attitude très flegmatique du genre « Si on m’en donne tant, alors je veux bien vendre… ».

Questionnez-les. Obtenez des informations. Discutez avec les vendeurs. Il se peut même qu’ils admettent avoir accepté d’afficher un prix trop élevé sur base des mauvais conseils d’une agence.

Depuis quand le bien est-il en vente ?

Un élément factuel est la durée de mise en vente. Les biens atypiques peuvent nécessiter plus de temps pour trouver un acquéreur.

Mais une villa individuelle ou une villa jumelée bien entretenue, dans une zone proche d’une ville, ne va pas rester plus de 4 ou 5 semaines sur le marché si elle est proposée à un prix correctement calculé.

Si le bien est en vente depuis plusieurs mois, vous avez un autre élément de réponse concernant la négociation possible.

Dans ce cas, n’hésitez pas à demander quelles offres ont déjà été faites, et alignez votre offre en fonction de cela.

Votre projet

Votre attitude en tant qu’acheteur peut également varier en fonction des paramètres de ce bien spécifique.

Si, par exemple, le bien est vétuste, mais qu’il est juste à côté de l’école et proche de votre travail, et que plein d’autres arguments font que vous ne voulez pas rater cette affaire, vous pourriez ne pas vouloir en négocier le prix, ou très peu.

Mais si le bien correspond plus ou moins à vos critères, sans plus, faites une offre en partant du principe suivant : si les vendeurs acceptent, nous seront contents ; si les vendeurs refusent, on passera au suivant sans trop de regret.

Une femme à lunettes tient une enveloppe.

“L’ANNONCE” : VOTRE COMPAGNON POUR UN ACHAT IMMOBILIER ZEN !

Pourquoi stresser ? Anna est là pour vous montrer la voie. Obtenez instantanément ses astuces exclusives pour transformer votre achat immobilier en une expérience sereine.

Je veux mes conseils gratuits !

La théorie de l’élastique

N’avez-vous jamais testé la résistance d’un élastique ?

Vous savez qu’à force de tirer de plus en plus fort, il va casser entre vos doigts.

Mais pour savoir jusqu’où vous pouvez titrer, il faut en faire l’expérience. Le problème est qu’une fois que vous avez votre réponse, l’élastique est foutu ! 

Le même problème se pose en cas de négociation.

Vous ne savez tout simplement pas jusqu’où vous pouvez tirer. Mais une fois la limite franchie, il sera très difficile voire impossible de revenir en arrière.

Chaque cas de figure est différent. C’est à vous de percevoir les éléments de la situation en collectant un maximum d’informations.

Et si jamais vous n’êtes pas spécialiste des élastiques, cela fonctionne de la même manière avec des ballons à gonfler.

Qui doit avoir le dernier mot

En fonction de la personnalité des vendeurs, il peut être important de leur laisser le dernier mot. De nouveau, c’est à vous de jauger l’attitude des vendeurs.

Mais il serait bête de rompre une négociation tout simplement parce que vous avez voulu obtenir le dernier mot, alors que ce n’était pas vraiment nécessaire.

Que devez-vous retenir de cet article

Certains biens sont proposés à un juste prix. D’autres sont proposés à des prix en décalage complet avec la réalité du marché. La marge de négociation dépend de la justesse du prix affiché.

Si le prix affiché est correct, ne tentez pas de négocier.

Si le prix est surfait, faites une offre en fonction de votre connaissance du marché.

Si votre offre est raisonnable, tout comme les vendeurs, l’affaire pourra se concrétiser.

Question fréquentes

Comment savoir si le prix demandé est vraiment négociable ou s’il est déjà au juste niveau du marché ?

Pour un acheteur dans le canton de Vaud, la première étape est de vérifier si le prix affiché correspond à un prix de marché réaliste. Si vous voyez qu’un bien reste en ligne sans réactions, ou génère des visites mais aucune offre, il est probable que le prix soit trop élevé. À l’inverse, un bien correctement estimé et bien présenté va rapidement susciter des visites et des offres, parfois même au prix.

Pour objectiver votre ressenti, appuyez‑vous sur une estimation croisée : comparaison avec des biens similaires, outils hédonistes, et idéalement estimation par un professionnel. L’article « Crash‑test : le prix de vente de votre bien immobilier » montre très concrètement comment réagissent les acheteurs selon que le prix est trop haut, un peu trop haut ou correctement positionné.

Notre article complet sur le sujet : « Crash‑test : le prix de vente de votre bien immobilier »

Comment utiliser les estimations en ligne et celles de la banque pour fixer ma limite de négociation ?

Comme acheteur, vous pouvez vous servir des estimateurs en ligne pour obtenir un ordre de grandeur, puis confronter ces résultats à l’estimation de votre banque. Si plusieurs banques refusent de financer le prix demandé, c’est un signal fort que le bien est au‑dessus du marché, ce qui renforce votre marge de négociation.

L’article « Faire confiance aux outils d’estimation immobilière en ligne ? » explique comment fonctionnent ces outils, leurs limites, et comment les combiner avec une expertise humaine. Pour aller plus loin sur le rôle des banques dans l’évaluation et le financement, voyez aussi « Prêt hypothécaire en Suisse : les bases ».

Notre article complet sur le sujet :

Quels éléments concrets du bien peuvent justifier une négociation à la baisse après les visites ?

Lors de vos visites, listez tout ce qui va générer des coûts futurs : toiture à refaire, cuisine vieillissante, fenêtres anciennes, isolation médiocre, absence de CECB, etc. Plus ces travaux sont importants, plus ils justifient une marge de négociation. L’idée, en tant qu’acheteur, est d’additionner une estimation réaliste de ces travaux et de l’intégrer à votre offre.

Pour apprendre à chiffrer ces postes, vous pouvez vous appuyer sur :

Notre article complet sur le sujet :

Comment formuler une offre d’achat plus basse sans braquer le vendeur ?

Sur le marché vaudois, une bonne offre négociée reste factuelle et respectueuse. Au lieu de critiquer la maison ou la manière de vivre des vendeurs, appuyez‑vous sur des éléments concrets : comparaisons avec des biens similaires, travaux à prévoir, estimation bancaire.

L’article « Comment soumettre une offre d’achat ? » propose des modèles d’e‑mails et de lettres d’offre, et explique comment rester crédible aux yeux du vendeur. Pour la phase d’échanges (offres / contre‑offres) et la gestion des émotions des deux côtés, lisez aussi « Comment faire une offre et une contre‑offre ».

Notre article complet sur le sujet :

Jusqu’où puis‑je aller dans la négociation sans risquer de « griller » le bien ou de perdre l’affaire ?

Sur un marché vaudois tendu, une offre trop agressive peut faire perdre un bien que vous ne retrouverez pas avant longtemps. Il est donc essentiel de connaître le contexte de marché local : taux de vacance, niveau de concurrence entre acheteurs, temps de présence des biens similaires en ligne.

L’article « Pourquoi votre bien ne se vend pas ? » montre comment les acheteurs réagissent face à un bien resté longtemps en vitrine et comment cela ouvre la porte à des négociations plus fermes. À l’inverse, « Prix de vente trop élevé : pourquoi cela peut vous faire perdre de l’argent » détaille les risques d’un prix initialement surfait… que certains acheteurs avisés exploitent au moment de leur offre.

Notre article complet sur le sujet :

Comment adapter ma stratégie de négociation selon que le bien est en copropriété (PPE) ou une villa individuelle ?

Dans le canton de Vaud, un appartement en PPE implique d’analyser la copropriété : fonds de rénovation, travaux votés, état de l’immeuble, charges, ambiance de la PPE. Des PV d’assemblée mentionnant de gros travaux non financés (toiture, façade, chauffage) sont des arguments concrets pour négocier.

Pour une villa individuelle, la discussion porte davantage sur la parcelle (valeur du terrain localement), l’état de la structure, la toiture, l’enveloppe thermique et les aménagements extérieurs. L’article « Calculer la valeur d’un bien immobilier » détaille précisément ces composantes et aide un acheteur à comprendre où se situent les leviers de négociation sur une maison.

Notre article complet sur le sujet :

Quelles erreurs dois‑je éviter absolument quand j’essaie de négocier le prix d’un bien en Suisse romande ?

Deux erreurs sont fréquentes chez les acheteurs :

  • Se focaliser sur une “marge de négociation théorique” sans tenir compte du marché réel (et perdre un bien justement estimé en voulant absolument « obtenir quelque chose »).
  • Se fier à une estimation trop optimiste (en ligne ou fournie par un tiers intéressé) pour justifier une offre très basse, que ni le vendeur ni la banque ne prendront au sérieux.

Pour éviter ces pièges, appuyez‑vous sur les mises en garde de l’article « Les erreurs à éviter lors d’une estimation immobilière », et gardez à l’esprit ce qui fait réellement bouger les prix : offre et demande, taux d’intérêt, et comportement des autres acheteurs, comme expliqué dans « Offre et demande : comprendre les prix de l’immobilier ».

Notre article complet sur le sujet :

3 réponses

  1. Bonjour,

    Merci beaucoup pour votre article, j’aurais une question concernant la négociation, est-ce qu’on peut négocier fort si le prix de l’estimation de la banque est en décalage avec le prix de vente affiché ?, le vendeur m’a dit soit la vente se passe bien et ils auront du plaisir à nous remettre les clés soit ils nous jettent les clés à la figure (façon de parler).
    Merci infiniment

    1. Bonjour,

      C’est délicat de vous fournir une réponse. Les estimations des banques peuvent varier fortement de l’une à l’autre. Le mieux est de déterminer pour vous-même quel est le prix que vaut ce bien à cet endroit-là, avec ces qualités et ses défauts.

      Aimeriez-vous habiter là ? Quelle satisfaction allez-vous retirer de cet achat ? Quelle somme est nécessaire pour remettre ce bien à neuf ? Combien les biens neufs similaires se vendent-ils dans la région, etc. Tous ces éléments sont, selon moi, plus importants que la valeur qu’une seule banque estime.

      Avec mes meilleures salutations,

Laisser un commentaire