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CFC, CFC2, CFC3… comprendre les coûts de construction en Suisse

Vous avez reçu un devis ou un plan de construction qui mentionne “CFC 2”, “CFC 3” ou “CFC 5” ? Voyons ensemble à quoi correspondent ces CFC, comment les lire, et surtout à quoi ils peuvent vous servir.

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Dans cet article

Introduction

Vous avez reçu un devis ou un plan de construction qui mentionne “CFC 2”, “CFC 3” ou “CFC 5” ? Pas de panique, vous n’êtes pas tombé dans une annexe oubliée de Star Wars. Derrière ces mystérieux codes ne se cachent pas des robots rebelles, mais bien le Code des frais de construction (CFC), une norme suisse.

Dans cet article, je vous explique à quoi correspondent ces fameux CFC, comment les lire, et surtout à quoi ils peuvent vous servir. Vous verrez, c’est beaucoup moins exotique qu’un sabre laser, mais drôlement utile pour garder le contrôle sur votre budget de construction ou de rénovation.

Qu’est-ce que le Code des frais de construction ?

Vous trouverez la définition complète dans notre glossaire, mais en quelques mots, le Code des frais de construction est une norme suisse qui classe les coûts de construction par catégories de travaux. Elle est établie par le CRB, le Centre suisse d’étude pour la rationalisation de la construction.

Son objectif est simple : standardiser les coûts tout au long du cycle de vie d’un projet, de l’acquisition du terrain à la réalisation finale. On y trouve donc les frais liés au terrain, au bâtiment, aux installations, aux aménagements extérieurs, ainsi que les honoraires et frais accessoires.

On comprend facilement pourquoi cette norme intéresse les professionnels. Un architecte ou un maître d’œuvre, par exemple, s’appuie sur les CFC pour évaluer le coût d’un chantier. Grâce à ce système, on peut comparer deux projets sur des bases identiques. Imaginez un peu la confusion si chacun utilisait son propre code !

Mais pourquoi, vous, en tant que particulier, devriez-vous vous y intéresser ? La réponse est simple : si vous construisez ou vendez un bien neuf ou rénové. Apprendre à les lire vous permet de mieux comprendre un projet, de garder un œil sur les coûts… et surtout d’éviter les dérapages budgétaires.

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La structure du CFC en 9 grandes catégories

Le Code des frais de construction se découpe en 9 grandes catégories, qui couvrent tout ce qui peut intervenir dans un projet, du terrain jusqu’aux frais imprévus. Chaque numéro correspond ainsi à un code :

  • 0 = Terrain
  • 1 = Travaux préparatoires
  • 2 = Bâtiment
  • 3 = Equipements d’exploitation
  • 4 = Aménagements extérieurs
  • 5 = Frais secondaires – Compte d’attente
  • 6 à 8 = ne concernent que les cas particuliers relatifs au Service immeubles, patrimoine et logistique (SIPAL). Donc dans votre cas, cela n’a aucun intérêt.
  • 9 = Ameublement et décoration

Chaque catégorie est ensuite décomposée en sous-codes, qui permettent d’aller dans le détail. Par exemple :

  • 2 = Bâtiment
  • 27 = Aménagements intérieurs 1
  • 271 = Plâtrerie
  • 271.0 = Crépis et enduits intérieurs
  • Etc.

Dit autrement, le CFC fonctionne comme une arborescence : chaque niveau de code vous rapproche ainsi d’un élément précis du chantier.

Cette logique peut paraître très technique au premier abord, mais elle est redoutablement pratique. Par exemple :

  • si vous comparez deux devis, vous pouvez vérifier que le poste 25 (sanitaires) est bien chiffré de la même manière chez les deux entrepreneurs ;
  • si vous faites construire une villa, vous pouvez anticiper que les postes 20, 21, 22 et 201 représenteront une part importante de votre budget (tout se qui se rapproche du gros œuvre et les travaux de maçonnerie).

En résumé, le CFC est un langage commun qui permet à tout le monde (architectes, entrepreneurs, et même particuliers) de parler la même langue lorsqu’il s’agit d’argent et de travaux.

Focus sur les CFC plus consultés

Soyons honnêtes : le CFC peut vite ressembler à un bottin téléphonique… dense et pas très sexy à lire. Pas besoin donc de plonger dans chaque ligne si vous n’êtes pas professionnel du bâtiment. En revanche, deux catégories méritent toute votre attention : le CFC 2 et le CFC 3.

CFC 2 : le cœur du bâtiment

Le CFC 2 regroupe les éléments sans lesquels le bâtiment n’existerait tout simplement pas.

On y retrouve par exemple :

  • le béton et les fondations,
  • les murs porteurs,
  • les planchers et dalles,
  • la toiture.

En d’autres termes : c’est la colonne vertébrale de votre maison ou de votre immeuble. C’est aussi un poste majeur du budget global : si le CFC 2 dérape, c’est tout le projet qui en pâtit.

CFC 3 : l’équipement d’exploitation

Le CFC 3, c’est tout ce qui fait qu’un bâtiment est habitable au quotidien. Vous y trouverez notamment :

  • La couverture
  • Les installations électriques non comprises dans CF2
  • Le chauffage, la ventilation, la réfrigération
  • Les appareils sanitaires
  • et, de plus en plus souvent, la domotique (stores électriques, gestion intelligente de l’énergie, etc.).

C’est une catégorie parfois sous-estimée dans les premiers devis. Pourtant, elle peut rapidement faire grimper la facture finale. Entre un simple chauffage à radiateurs et une pompe à chaleur dernier cri avec chauffage au sol et ventilation double flux, l’écart de prix est considérable.

Pourquoi ces deux CFC sont cruciaux ?

Parce qu’ils représentent à la fois le socle et le confort : la solidité du bâtiment (CFC 2) et sa qualité de vie (CFC 3). Et surtout, parce que ce sont des postes où les écarts de prix peuvent être énormes d’un projet à l’autre.

Pour donner un ordre d’idée, dans une construction neuve classique :

  • le CFC 2 (gros œuvre) peut représenter 30 à 40 % du budget total,
  • le CFC 3 (équipements techniques) tourne généralement autour de 20 à 30 %.

Autrement dit, à eux deux, ces deux postes pèsent plus de la moitié du coût d’une construction. Un dépassement ici n’est donc jamais anodin : il peut mettre en péril tout l’équilibre financier du projet.

Mon conseil : posez toutes les questions nécessaires. Ne signez jamais un devis sans avoir compris ce qui est inclus. Un “chauffage” peut vouloir dire beaucoup de choses… et la différence se chiffre en dizaines de milliers de francs.

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Pourquoi ces codes sont utiles pour un propriétaire ou vendeur ?

Dans mon métier, je vois régulièrement des propriétaires se perdre dans les colonnes de chiffres. Et je vous rassure : personne n’a envie de passer ses soirées à décortiquer le CFC. Mais dans certaines situations, savoir l’utiliser peut vraiment vous rendre service.

  • Comparer deux devis plus facilement. Deux devis qui n’utilisent pas le même standard, c’est un vrai casse-tête. Grâce au CFC, vous pouvez donc vérifier que vous comparez vraiment les mêmes postes : béton avec béton, chauffage avec chauffage.
  • Maîtriser les coûts. Lors d’une construction ou d’une rénovation, consulter la ventilation CFC vous aide à voir où part chaque franc. Si le poste “sanitaires” explose alors que vous n’avez prévu qu’une douche et deux lavabos, c’est peut-être le moment de poser une question.
  • Mieux comprendre une estimation immobilière. Certaines estimations intègrent une ventilation par CFC. Cela permet de voir très concrètement comment la valeur est répartie : quelle part revient au gros œuvre, quelle part aux équipements, et ainsi de suite.
  • Valoriser les travaux effectués… ou anticiper ceux à prévoir. En cas de vente, un dossier détaillant les postes CFC est un vrai plus. Vous pouvez montrer noir sur blanc que la toiture a été refaite (CFC 2) ou que vous avez installé une pompe à chaleur récente (CFC 3). À l’inverse, si certains postes restent à prévoir, les mentionner évite des discussions houleuses en pleine négociation.

En résumé, le CFC vous donne une vision claire et structurée. Et dans l’immobilier, la clarté, c’est souvent ce qui fait la différence entre une transaction fluide et un casse-tête.

À quoi faire attention dans un devis CFC ?

Tous les devis ne sont pas aussi détaillés qu’un CFC. En fonction du contexte, vous pouvez toujours exiger une ventilation par CFC pour plus de transparence. En réalité, tout dépend de l’ampleur des travaux.

Il arrive que certains frais accessoires soient oubliés. Il ne s’agit pas forcément de postes très onéreux, mais mis bout à bout, ils pèsent lourd dans la facture finale. Vérifiez donc bien que tous les coûts sont inclus.

Mon conseil : attention aux postes imprévus. Bien entendu, ils sont par définition… non prévisibles. Mais il faut parfois savoir lire entre les lignes. Par exemple, “terrain difficile” ou “présence d’amiante” sont des petites mentions qui en disent long : elles laissent souvent présager de coûts additionnels. Et je peux vous assurer que je vois régulièrement des projets déraper à cause de ce genre de détails glissés entre deux lignes.

CFC : ce que vous pouvez décoder vous-même… et ce qui reste du domaine des pros

Le CFC vous donne déjà de solides clés : comprendre un devis, vérifier que les postes essentiels sont inclus, poser les bonnes questions. C’est donc un atout énorme quand on se lance dans une construction ou une rénovation.

En revanche, dès qu’il s’agit de chiffrer correctement les montants ou d’anticiper des postes cachés, l’œil d’un professionnel devient indispensable. Un courtier, un estimateur ou un architecte sait repérer ce qui manque, ce qui a été sous-évalué ou ce qui pourrait coûter plus cher que prévu.

Exemple concret : un devis qui inclut un poste “chauffage” peut sembler clair. Mais sans détail, impossible de savoir si le ballon d’eau chaude est prévu, si la régulation est incluse, ou si la ventilation double flux doit être ajoutée à part. Et ça, ce sont facilement plusieurs milliers de francs qui peuvent apparaître en fin de chantier.

Bref : servez-vous du CFC pour comprendre et questionner… et laissez un expert valider les montants. C’est le duo gagnant pour garder la maîtrise.

Conclusion

Le CFC n’est pas un langage secret réservé aux architectes et aux ingénieurs. En tant que propriétaire, vendeur ou futur acquéreur, en comprendre les bases vous donne déjà une vraie longueur d’avance. Vous n’allez pas devenir estimateur du jour au lendemain, mais vous saurez au moins où regarder, quoi comparer et quelles questions poser.

Que vous construisiez, vendiez ou rénoviez, ces codes vous permettent de garder le cap sur vos dépenses et d’éviter les mauvaises surprises. Un devis trop flou ? Vous saurez le repérer. Une estimation trop vague ? Vous pourrez demander plus de détails. Et en cas de vente, vous aurez de solides arguments pour mettre en avant les travaux réalisés.

Bref, le CFC n’est pas qu’une affaire de pros : bien utilisé, c’est un outil de transparence et de confiance. Et dans l’immobilier, c’est souvent ce qui fait la différence entre un projet serein… et un casse-tête budgétaire.

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez approfondir le sujet ou préparer au mieux votre projet, voici quelques ressources complémentaires qui pourraient vous être utiles :

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